La fabrication numérique apporte un retour sur investissement tangible aux entreprises pharmaceutiques


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Pour les fabricants de produits pharmaceutiques, les problèmes et les imprévus affectant tous les aspects de leur activité sont monnaie courante. Alors qu'ils s'efforcent de respecter des exigences strictes en matière de conformité et de calendrier de production, d'autres priorités comme l'amélioration de la stabilité des processus, la réduction des coûts et l'amélioration continue demandent également des efforts. Tous ceux qui travaillent dans le développement pharmaceutique vous le diront. C'est pourquoi les occasions d'échanger des idées et d'apprendre des choses de la part de collègues exerçant dans le même secteur que vous sont extrêmement utiles.

La rencontre annuelle et l'exposition 2019 de l'International Society for Pharmaceutical Engineering (ISPE) est une de ces occasions. Elles se dérouleront du 27 au 30 octobre à Las Vegas, aux États-Unis. Parmi les intervenants figurent Joy Langley, directrice de l'exploitation chez Exemplar Compliance et Terrance Holbrook, directeur produit chez MasterControl. Joy et Terrance ont tous les deux passé des années à développer des produits réglementés et à se battre contre les multiples obstacles auxquels sont confrontés les fabricants de produits pharmaceutiques au quotidien. Leur intervention portera sur les tendances de l'industrie pharmaceutique et sur la manière dont les entreprises peuvent empêcher les problèmes de se produire, tout en renforçant leur pertinence et leur compétitivité grâce à la fabrication numérique.

Les tendances technologiques qui façonnent l'industrie pharmaceutique

Le développement pharmaceutique connaît une évolution sans précédent, en particulier en terme de vitesse et de complexité des processus de fabrication. Attention, spoiler : c'est la technologie qui contribue le plus à cette transformation. 

La technologie à usage unique : rationaliser la chaîne logistique

Autrefois technologie de rupture, la technologie à usage unique s'est rapidement imposée dans la fabrication pharmaceutique. À l'origine, le concept a été créé pour répondre aux divers besoins du secteur :

  • Réduire la complexité des processus de fabrication pharmaceutique sans perturber la chaîne logistique.
  • Réduire les risques de contamination.
  • Diminuer les dépenses en développement.
  • Simplifier la conformité des fabricants de produits biopharmaceutiques en réduisant ou en éliminant la nécessité des opérations nettoyage en place (NEP)/stérilisation en place (SIP).

La technologie à usage unique est économique et efficace car elle consomme moins d'eau, moins de matériel et moins de produits chimiques, et son empreinte carbone est inférieure au traitement traditionnel de l'inox. Qui plus est, elle permet d'améliorer la stérilité et la qualité, tout en développant de nouvelles thérapies plus rapidement.(1)

La fabrication dépend de plus en plus des données

Les unités opérationnelles qui autrefois appréciaient de rester dans leur pré carré découvrent aujourd'hui la nécessité de partager des données et d'échanger des remarques. La convergence de l'expertise au sein d'une entreprise et de la gestion des données est désormais une composante incontournable des stratégies commerciales. Le côté positif, c'est que cela offre un formidable avantage concurrentiel en favorisant la transparence et la collaboration à l'échelle de l'entreprise.

Plus de données provenant de ressources plus nombreuses

L'activité des entreprises pharmaceutiques dépend fortement des données propres, à jour et pertinentes. Elles sont nécessaires pour rester au courant de la réglementation et des nouvelles tendances du secteur, pour développer des stratégies et pour prendre les meilleures décisions possibles.

Avec les progrès technologiques, les données sont plus nombreuses et plus spécialisées. En effet, les machines équipées de plusieurs capteurs de collecte de données peuvent générer plus de 10 Go de données par seconde. Ce concept, appelé big data, transforme le développement pharmaceutique et la surveillance du cycle de vie d'un produit. Disposer de tonnes de données peut être utile. Mais que faut-il en faire ? Il est indispensable d'avoir instauré des processus et des outils qui extraient, analysent et consomment les données obtenues à partir de plusieurs sources. Sinon, un grand nombre de données utiles seront laissées de côté.

Les obstacles dans la fabrication pharmaceutiques

La fabrication pharmaceutique est un chemin semé d'embûches, d'accidents de parcours et de détours, sans parler du temps et de l'argent que cela fait perdre. L'ordre des priorités est donc généralement le suivant : sortir les produits à la date prévue, s'assurer qu'ils ne reviennent pas et respecter les budgets tout au long du parcours. Toutefois, des obstacles qui paraissaient faciles à première vue peuvent se transformer en véritables problèmes de conformité, capables d'interrompre la production et d'ajouter encore plus de contraintes à un calendrier et un budget déjà serrés.

La nature de toute entreprise

Tout le monde s'accorde à dire que certains obstacles à la fabrication relèvent du fonctionnement organisationnel, quel que soit le produit ou le secteur concerné. Il peut notamment s'agir de :

  • Cloisonnement des services, y compris la contradiction des priorités, le flou des responsabilités et des attentes divergentes.
  • Incapacité à partager des informations et des données, ce qui mène souvent à des doublons et des rectifications.
  • Manque de visibilité et de traçabilité d'un bout à l'autre de la chaîne logistique.
  • Erreurs, omissions, dommages aux produits et renvois de produits.

Ces problèmes ne représentent pas toujours des empêchements majeurs, mais ils peuvent rendre les processus de production plus lourds et coûteux.

Des montagnes de papiers

“Les erreurs sont les portes de la découverte.” - James Joyce

Apparemment, Joyce n'a jamais essayé de faire approuver un produit réglementé ni de le mettre sur le marché. Fabriquer un produit implique beaucoup de paperasse, une énorme quantité de paperasse. Et cela engendre erreurs, problèmes de qualité et retards de livraison, presque à coup sûr. En dépit de cela, les systèmes reposant sur des documents papier semblent toujours aussi courants dans le domaine de la fabrication pharmaceutique.

Ci-dessous, quelques exemples de futurs casse-têtes à gérer lorsqu'on se base sur des processus papier :

  • Les données ne sont disponibles que lorsqu'elle arrivent jusqu'à vous. Et même dans ce cas, elles peuvent être incomplètes ou obsolètes.
  • Difficile de faire des prévisions. Sans données en temps réel, vous ne savez pas quelles sont les tendances.
  • La plupart du temps, vous ne disposez pas de l'historique des données, ce qui est pourtant nécessaire pour de nombreuses raisons, comme par exemple la conformité aux règles d'intégrité des données. Localiser l'historique prend du temps et coûte cher.
  • Les erreurs de procédures ou de matériel peuvent n'être découvertes qu'après la fabrication d'un lot de produits.

Des systèmes déconnectés

Pour suivre cette nouvelle tendance de la convergence des unités organisationnelles, les entreprises doivent trouver un moyen de véritablement assurer cette convergence. Malheureusement, les entreprises dont les services et les systèmes de gestion des opérations sont très spécialisés sont cloisonnées et incapables de partager des données car celles-ci sont réparties entre différentes bases de données, feuilles de calcul et dossiers papier. Les données sont alors souvent incomplètes ou inexactes, ce qui peut engendrer des erreurs ou des omissions parfois coûteuses.

Surmonter les obstacles de la fabrication

Il n'y a aucune raison de continuer à avancer laborieusement à travers les processus de production et de se faire surprendre par des obstacles imprévus. Voici quelques astuces à appliquer de manière transversale pour pouvoir respecter le calendrier de production :

  1. Continuer comme avant, mais plus rapidement.
  2. Encourager les techniciens à cesser de faire des erreurs.
  3. Continuer de former le personnel, dans l'espoir qu'il réalise les points 1 et 2.
  4. Vérifier à deux, voire trois reprises les feuilles de calcul et les documents au cas où les employés auraient du mal avec le point 2, mais cela va à l'encontre du point 1.
  5. Régler les problèmes de production lorsqu'ils surviennent à l'aide de solutions temporaires ou en contournant les problèmes au besoin.
  6. Encourager les employés à mieux rédiger les rapports pour les rendre plus lisibles, tout en appliquant le point 1.
  7. Espérer que la chance et l'adrénaline compenseront le manque de planification et d'outils adéquats.

Ces méthodes sont des stratégies d'amélioration de la performance d'exploitation et de la productivité. Sinon, vous pouvez donner sa chance à la technologie.

Entrer dans l'ère du numérique

Le digital se caractérise par l'interconnectivité des ordinateurs, des machines, des systèmes et des personnes. À l'heure actuelle, il existe des solutions capables de rassembler et d'analyser d'énormes quantités de données en moins de temps qu'il n'en faut pour créer une feuille de calcul. Les décideurs régionaux peuvent récupérer instantanément des données très spécialisées et les plus récentes afin de réaliser des analyses prédictives extrêmement précises. Les appareils mobiles intelligents qui éliminent quasiment les risques d'erreurs remplacent les rapports papier dans les ateliers.

Au niveau composant, voici quelques-unes des technologies clés utilisées dans les environnements de fabrication :

  • Internet des objets (IoT) – Un écosystème d'appareils intelligents connectés au Web et qui recueille, envoie et agit sur les données qu'il collecte.

  • Big data – La possibilité de rassembler rapidement et d'accumuler de grandes quantités de données de différents types en temps réel.

  • Analyses prédictives – L'utilisation de données nouvelles et anciennes afin de prévoir les activités du secteur, les comportements et les tendances.

  • Supervision et acquisition de données(SCADA) – La possibilité de rassembler des données en temps réel à distance afin de contrôler les équipements et les conditions de fabrication.

  • ou l'informatique en nuage), – Des plateformes permettant d'héberger des services et des applications sur Internet, ainsi que de partager de données en toute sécurité et de manière économique.

Qualité à la source

Il faut s'inspirer des techniques du « lean manufacturing » dont le grand principe est de réduire le gaspillage et les activités n'apportant pas de valeur ajoutée. Toute tâche réalisée en dehors d'un processus établi représente un surcoût. En effet, même si la gestion de la qualité est une exigence réglementaire, elle est souvent repoussée en fin de production. Ainsi, c'est un processus ajouté et donc une dépense ajoutée.

Idéalement, la qualité et la fabrication devraient être intégrées l'une à l'autre et non pas avoir des priorités et des calendriers différents. Si l'on applique les procédures d'assurance qualité à chaque étape de la ligne de production, on réduit les erreurs et on évite d'avoir à ajouter un processus coûteux.

Simplifier la fabrication

Un des principes de base de la technologie numérique est qu'en reliant les systèmes et les machines, on crée des réseaux intelligents et on automatise les processus de fabrication tout au long de la chaîne logistique. Par ailleurs, éliminer progressivement les processus papier est plus une nécessité qu'une éventualité. En effet, à mesure que la technologie évoluera, le recours à des processus manuels compromettra votre capacité à suivre le rythme de votre secteur.




Références

Les technologies à usage unique transforment les sites et les équipements biopharmaceutiques, PharmTech, 19 juillet 2017 http://www.pharmtech.com/single-use-technologies-transform-biopharmaceutical-facilities-and-manufacturing-equipment





2019-bl-author-david-jensenDavid Jensenest expert en marketing de contenu chez MasterControl, où il est chargé de chercher et de rédiger des contenus pour les pages Web, les livres blancs, les brochures, les e-mails, les articles de blog, les documents de présentation et les réseaux sociaux. Il produit des contenus informatifs, marketing et de relations publiques depuis plus de 25 ans pour diverses entreprises technologiques et des publics variés. D. Jensen a beaucoup écrit sur la cybersécurité, l'intégrité des données, le cloud computing et la fabrication de dispositifs médicaux. Il a publié des articles dans plusieurs journaux spécialisés comme Medical Product Outsourcing (MPO) et Bio Utah. Titulaire d’une licence en communication de l’université d’État de Weber, il dispose également d’un master en communication professionnelle qui lui a été décerné par le Westminster College.


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